Agenda
jusqu'au Mardi 11 novembre 2008 11H00..19H00
PLACE DE LA MAIRIE ROUSSILLON EN PROVENCE 84220 France
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 On ne s’étonne pas de voir les grands sculpteurs s’établir et œuvrer à
Carrare, où la matière impose en quelque sorte une forme de création. Plus
libre aura été la démarche de Gérard Schleich qui, de son Luxembourg
natal, aurait bien pu choisir de s’établir, en faisant la matière même
de son art, dans les glaises ou les craies dont tant d’autres ont fait
la substance de leur génie, de Barbizon aux Flandres ou à la Toscane. Il
a préféré les ocres de Roussillon, pour notre joie d’indigènes ou de
familier du pays d’entre Ventoux et Luberon qui semble un piège à
peintres. Mais alors que tant d’autres ont tenté de traduire ou de
refléter notre univers rutilant, lui s’en est emparé, à la fois matière
et esprit, pour l’ensorceler. Dès lors qu’il n’est d’art que combat
avec la nature, il importe de la transcrire ou la dompter. Ou de faire
de ce moyen, une fin… Gérard Schleich, qu’il se confronte avec
l’ocre en solitaire, ou qu’il le traite « à quatre mains » avec son ami
Christophe Riqueau, sait ne pas se laisser asservir par cette matière
dangereuse où se mêlent le sable et le sang, le rire et les larmes. Que deviendra cet art loin de cette arène où il semble s’être exalté ? Après
tout, celui d’Antonio Tapiès, le seul maître auquel il consente à se
référer, n’est pas ligoté au sol Catalan. Tout de même, on est curieux
de voir ce que sera devenue cette féerie ocre, transplantée au cœur de
l’océan Indien, ou sur la pointe de l’Himalaya à laquelle rêve notre
maître des terres rouges. En attendant que notre ocre le ride, entre
ses mains, dans son regard, à la poudre d’or et à l’ivoire, soyons
heureux que la terre qu’il fait chanter soit la nôtre. JEAN LACOUTURE ECRIVAIN
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