Accès rapide : 2009 2008 2007 200... | Je suis née à Turin (Italie) en 1979. Je peins depuis l'âge de dix ans (et dessine depuis ma première enfance), ma mère m'ayant acheté en vitesse une boîte de tubes d'huiles de peur que je ne me mette à faire des mélanges avec l'huile d'olive.
Mes premières toiles toutes petites, sont pour la plupart des sujets suggérés par mes parents devenus mécènes: « fais-moi une belle nature morte, un beau paysage » (ce qui ne manquera pas d'avoir des répercussions sur mes choix d'adulte). Une phase "portraits" et "autoportraits" s'impose par la suite, où je prends goût à regarder mes tableaux qui me regardent. Je dessine 80% de mon temps et cependant décide de ne pas m'inscrire à l'Académie de Beaux Arts de Turin. Au lieu de cela je rentre à la faculté de Philosophie où j'apprends à conceptualiser tout ce qui me passe sous les yeux. Après ce cursus d'études et l'écriture d'un mémoire en Esthétique sur la perception du monde par Cézanne, je rentre pendant un an et demi dans l'atelier de deux artistes turinoises très actives sur la scène nationale et internationale. Je deviens donc leur assistante et les accompagne dans l'organisation et la mise en place des expositions. En atelier je participe de leur recherche et j'apprends à me servir de différents outils et matériaux en toute liberté et selon l'élan du moment, j'interviens à plusieurs stades du travail, je partage les réflexions sur l'Art et le rôle de l'artiste. Je visite nombreux ateliers, où les artistes ont chacun une approche différente sur la façon de travailler et de concevoir une œuvre. Tout ce monde m’ouvre la porte sur des univers insoupçonnés ; je commence à réfléchir sérieusement sur mon besoin de peindre et sur ce qui veut sortir de moi pour aller vers le monde. Des petites graines du processus de la création commencent alors à décanter au fond de moi. J'apprends petit à petit à sentir cette vague mystérieuse quand elle se rapproche et à me tenir prête pour monter dessus. A cette époque la rencontre avec de nombreux acteurs de la vie culturelle et artistique de cette grande ville, me permet de me familiariser avec un milieu où la création et le questionnement sont le cadre d’une réflexion générale sur l'existence et mobilisent une énergie sans cesse renouvelée. Je comprends aussi que le besoin d'un ressenti toujours plus en profondeur et d'une vision de la réalité à 360 degrés, se manifestent dans l'exigence que l'artiste a, de réécrire le monde et de pousser son regard toujours plus loin. Au contact de ce débordement d'énergie je poursuis ma recherche en profitant de l'ambiance de l'atelier, des conseils-papillons qui volent d'une tête à l'autre, de l'hilarité du groupe, des idées qui circulent, des inspirations libres. En dehors de l'atelier, je peins surtout dans ma chambre d'étudiant et je ne montre que très rarement mes productions. En 2005 je m'établis en France, d'abord à Toulouse, où je valide une année de master en Philosophie (encore ma compagne privilégiée) et écris un mémoire sur la contemplation de la Beauté et sa place dans la spiritualité de Marc Aurèle ; ensuite en Ariège où mes tableaux verts croissent en nombre. La campagne m'offre des nouvelles impressions que j'essaie de traduire pour prolonger les sensations de bien-être sur mes toiles. Je réalise tour à tour des portraits d'arbres et des effets de lumière qui traversent leur chair d'êtres vivants. Je me concentre sur des instants fugitifs, des moments où je me sens enveloppée dans une structure qui englobe toute chose. Le profil des arbres dans leur environnement devient pour moi un motif ornementale en même temps qu'un symbole d'harmonie. Je peins pour vivre un monde en équilibre. Je cherche sans cesse à libérer mes gestes et ma vision pour me retrouver décontractée face à mon désir de peindre. J'affirme ce monde de sensations. Depuis quelque temps je reviens tout doucement vers l'intensité du visage humain, enrichie de mon expérience avec la lumière des végétaux. Les couleurs prennent un sens nouveau : ils se déploient comme appartenant à la pigmentation changeante et complexe d'un unique et grand organisme. Les regards de ces portraits sont plus profonds, ils reflètent la beauté de la trame du vivant. Après toutes ces années je perçois les pinceaux comme le prolongement de mes doigts, et mieux encore de mes yeux. L'expérience d'autodidacte permet de savourer des petites découvertes, de goûter à de nombreuses surprises… Je ne peux pas me passer de peindre, j'ai déjà essayé quelques semaines sans mes pinceaux, sans le muet questionnement de la blancheur d'une toile qui m'attend. Ca n'a pas vraiment marché ! |
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